Bernard Léchot


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Passage2

Musique > Presse

A une époque de bruit incessant et de soupes musicales, la chanson à texte à plus que jamais sa place: les amateurs de rock français ont perdu Noir Désir. Les Romands, eux, retrouvent un fantôme...

Comparer Bertrand Cantat et Bernard Léchot peut sembler audacieux, par les temps qui courent pour le rocker français enfermé dans les geôles de Vilnius! Mais les lois des hommes ne pèsent guère face aux messages secrets de la création: Cantat était devenu Noir Désir, un groupe à l'apogée du succès, c'est plus difficile en Suisse romande d'imposer un nom; homme de passion et d'incandescence, Cantat brûle les scènes et l'âme du public, Bernard Léchot ne veut pas, pour l'instant, retrouver les planches. Enfin, pris dans la tourmente de la passion, Cantat ajoutait cet été une page sanglante à l'histoire du rock... On n'imagine mal Bernard Léchot lever la main sur sa compagne, mère de ses enfants auxquels il dédie une chanson émouvante sur ce dernier CD.

Voilà pour les incomparaisons entre deux musiciens que tout sépare: Tout? Justement, non... Le miracle de la chanson tient aux paroles, aux atmosphères, à ce quelque chose d'inexplicable qui vous cloue dans une espèce de transe paisible d'où les tracas du quotidien sont brusquement gommés. Et c'est ici, très exactement, que les chemins de Cantat et de Léchot se croisent, le temps d'un rêve, d'une
illusion, d'un cauchemar: l'un était de feu, l'autre est de soie. Et tous deux s'expriment sur le mode rock. Et tous deux ont su ou savent dompter la magie du verbe, tous deux sont par moments des poètes surréalistes: si Des visages des figures de Noir Désir prend aujourd'hui des allures d'album testament, Passage de Bernard Léchot arrive comme une page amicalement intranquille dans le monde du rock (...)

Un Passage inattendu

Pour les fans de Bernard Léchot, ce come-back est une sacrée bonne surprise. Inattendu, le CD est arrivé... incroyablement fidèle à Léchot: la voix toujours un peu fragile, mais aujourd'hui, il l'accorde et la module mieux aux textes et musiques qui paraissent en souligner les nuances et non plus la ternir comme auparavant. Quant aux paroles, Léchot sait raconter des histoires en deux ou trois minutes, il sait surtout suggérer des climats, amuser, interroger. Ces petits contes en musique disent une existence un peu décalée, décrite avec des mots si justes qu'ils soulignent l'ironie des situations, comme Le chat angora, qui se repaît d'un crime sur canapé moelleux!

Passionné par la musique, Bernard Léchot rend hommage aux rois du blues, il remonte les chemins occultes du Languedoc, créant une chanson aux accents mystérieux. Il réinvente des images de la Tour de Babel, observe l'envers des décors d'un hôtel de passage, rappelle à ses mômes ses interrogations de mec qui serait père un jour, il rend un petit hommage à Paname avant de rouler, une nuit, sur une route qui fleure les sentiers buissonniers de l'imaginaire, lequel a flirté avec des ailleurs toujours phantasmés. Il y en a d'autres, qui s'écoulent dans l'oreille et qui filent vite au bout du coeur, entre tendresse, nostalgie, moquerie, ou qui vibrent, irréelles. Léchot oeuvre dans le raffiné, ça n'est pas évident au premier abord. Il faut persévérer, se laisser entamer, un poète, ça s'écoute, ça ne s'entend pas bêtement comme un bruit de fond!

Le Quotidien jurassien, Bernadette Richard (29.12.2003)





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© Bernard Léchot 2008 | bernard@lechot.com

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